David Goldblatt : "TJ" 1948-2010

Publié le par Emeline

A travers soixante ans de clichés en noir et blanc, David Goldblatt dresse un portrait sombre et sans concession de la ville de Johannesburg, bien loin des images de fête et d’unité diffusées dans le monde entier lors de la dernière coupe du monde de football.

 

Cette exposition se divise en deux parties, chacune répartie sur un étage : l’un consacré aux années d’Apartheid et l’autre à l’"ère Mandela" marquée par l’abolition de ce système politique. Pour autant, aucune différence significative ne permet de distinguer une époque de l'autre : partout les mêmes visages fatigués, les mêmes paysages urbains désolés, la même impression de fatalité...

 

Paradoxalement, seules les légendes des portraits d'anciens délinquants rassemblés au deuxième étage laissent entrevoir une lueur d'espoir. Aussi grandes que les tirages qu'elles accompagnent, elles présentent factuellement les crimes de ces "ex-offenders" tout en racontant leur vie avant et après la prison.

Si cette mise en contexte insiste sur le poids déterminant du milieu familial sur le destin de ces individus, elle met également en avant les conséquences de la ségrégation spatiale toujours extrêmement marquée en Afrique du Sud. Enfin, elle permet aux visiteurs d'oser rêver d'une vie meilleure pour ces hommes et ces femmes, blancs ou noirs, "victimes" d'un système encore profondément injuste.

 

Exposition "TJ" 1948-2010, jusqu'au 17 avril 2011. Fondation Henri Cartier-Bresson, 2 impasse Lebouis, 75014 Paris (métro Gaité). Ouvert du mardi au dimanche de 13h à 18h30 et le mercredi de 13h à 20h30 (entrée gratuite à partir de 18h30). 6 euros tarif plein, 3 euros tarif réduit.

 

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Texte : Emeline Collin.

Photos : David Goldblatt.

Publié dans Expositions

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