Disappointing Harry

Publié le par Emeline

Autant l'exposition actuellement consacrée à André Kertész, au Jeu de Paume, constitue un miroir passionnant et émouvant de la vie de ce photographe injustement méconnu de son vivant, autant la rétrospective dédiée à Harry Callahan, proposée jusqu'au 19 décembre par la Fondation Henri Cartier-Bresson, laisse indifférent voire ennuie.

Comme son homologue hongrois, les thèmes de prédilection d'Harry Callahan sont intimement liés à sa vie personnelle - sa famille, la ville et la nature - car pour cet autodidacte, "la photographie est une aventure, tout comme la vie est une aventure. Si une personne veut s'exprimer photographiquement, elle doit absolument comprendre sa propre relation à la vie." Pourtant, seuls quatre ou cinq clichés retiennent l'attention parmi la centaine exposée. Recherche plastique trop purement formelle - à la cinquième photo en noir et blanc de lignes téléphoniques, le baillement guette -, omniprésence lassante de sa femme Eléanor et de leur fille Barbara, compositions souvent vues et revues... On se demande pourquoi un lieu aussi exigeant que la Fondation Henri Cartier-Bresson, qui a pour habitude de présenter des expositions fortes et innovantes comme celles consacrées à Jim Goldberg en 2009 ou à Saul Leiter en 2008, s'est penché sur l'oeuvre d'Harry Callahan. Peut-être avez-vous la réponse?

"Harry Callahan. Variations", Fondation Henri Cartier-Bresson, 2 impasse Lebouls, 75014 Paris. Ouvert du mardi au dimanche de 13h à 18h30. www.henricartierbresson.org

 

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Eleanor.

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Chicago.

Texte : Emeline Collin. 

Photos : Harry Callahan.

Publié dans Expositions

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