Flashback

Publié le par Emeline

A l’heure où le succès d’un défilé se mesure au nombre de « it girls » au mètre carré et où des blogueuses de moins de 13 ans, originaires de Nowhere, Missouri, font la réputation d’une marque, une plongée vers les origines du défilé de mode s’avère plus qu’instructive. Rapide flashback grâce à la première partie de l’exposition « Histoire idéale de la mode contemporaine », présentée au Musée des Arts décoratifs jusqu’au 10 octobre 2010 :

 

De la fin du XIXème siècle au début des années 1960, défilé rimait plus avec ennui qu’avec party. Devant un parterre de privilégiées au look très « dadame », des mannequins traversaient sagement des salons de mode ternes et froids. Un « aboyeur » indiquait le numéro et le nom de chaque modèle avec la fantaisie d’une Arlette Chabot annonçant l’entrée de Jean-Pierre Raffarin sur le plateau d’A vous de juger. Bref, tandis que le jeune Karl gambadait en salopette tyrolienne dans son château hambourgeois, le monde de la mode dormait.

 

Heureusement, en 1960, Courrèges révolutionna le genre en faisant danser ses mannequins sur (…tenez-vous bien !) de la musique. Le glas du défilé figé avait sonné, les grandes maisons s’engouffrant l’une après l’autre dans la brèche créative ouverte par le couturier.

Que ce soit chez Issey Miyake, Cacharel ou Yves-Saint Laurent, chaque modèle y allait désormais de son pas de danse, de son jeté de hanches, dans une bonne humeur communicative loin des mondanités collet monté « tellement 1910 ».

Avec l’arrivée de Claude Montana pendant l’été 1978, les défilés se transformèrent en véritable shows avec une dramaturgie calculée et maîtrisée. En 1984, Thierry Mugler alla encore plus loin en organisant le premier défilé payant, ouvert à tous, au Zénith de Paris.

 

Plus court (d’une heure et demie jusqu’aux années 1960 à 40 minutes environ dans les années 1980), voire très court (de 20 minutes aujourd’hui à, bientôt, à peine le temps d’un Twitt !), les défilés n’ont depuis cessé d’évoluer, au gré des envies de chaque couturier. Grandioses chez l’empereur Karl, minimalistes chez Isabel Marant ou carrément barrés chez le regretté Alexander McQueen, la mode, plus que jamais, nous fait rêver !

 

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  Issey Miyake, défilé prêt-à-porter, printemps-été 1971.

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Jean-Charles de Castelbajac, défilé prêt-à-porter, printemps-été 1984.

Karl Lagerfeld pour Chanel, défilé haute couture printemps-été 2010, photographie de Garance Doré.

 

Texte : Emeline Collin.

Publié dans Expositions

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Mel 01/05/2010 18:15


J'aime bien le coup de la salopette tyrolienne ;)