Hervé Guibert : "Pas envie de vivre, pas envie de mourir non plus"

Publié le par Emeline Collin

Faisant preuve d'une détermination sans faille, j'ai (momentanément) résisté à l'appel d'une terrasse de café ensoleillée la semaine dernière afin de visiter l'exposition "Hervé Guiibert, photographe" qui se tient jusqu'à aujourd'hui (avis à tous les Parisiens : courez !) à la Maison Européenne de la Photographie.

Sur les murs du deuxième étage de cet hôtel particulier, les clichés en noir et blanc se succèdent : gros plans sur des parties de corps humains "Les pieds de Suzanne", "Les mains de Kertész"... , natures mortes présentant les outils de travail de cet artiste avant tout romancier, omniprésence d'éléments et mises en scène morbides... Hervé Guibert semble obsédé par la mort et totalement coupé du monde extérieur. Son isolement transparait même dans les portraits qu'il réalise de ses amis Isabelle Adjani, Patrice Chéreau ou Henri Cartier-Bresson.

"Pas envie de vivre, pas envie de mourir non plus", écrit Hervé Guibert dans son journal intime extrait repris dans Le mausolée des amants, oeuvre posthume parue en 2001. Pourtant, après 45 minutes passées à tenter de déchiffrer ces images sombres et souvent macabres, je n'ai qu'une idée en tête : succomber au plus vite à l'appel d'une terrasse ensoleillée et savourer le fait d'être en vie.

Exposition "Hervé Guibert, photographe" à la Maison Européenne de la Photographie, 5/7 rue de Fourcy, 75004 Paris. Ouvert du mercredi au dimanche, de 11 heures à 20 heures.

 

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Texte : Emeline Collin.

Photos : Hervé Guibert.

 

Publié dans Expositions

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