Il était une fois dans l’ouest…

Publié le par Emeline

Lorsque l'on découvre le travail de Stefanie Schneider, on  l'imagine, petite fille grandissant dans une Allemagne encore coupée en deux, rêvant de cow-boys et de grands espaces devant des Westerns Spaghetti. La photographe a su transformer sa vision stéréotypée d’Européenne en une interprétation poétique des icones de la société américaine. De la station essence Esso perdue au milieu du désert, au panneau lumineux annonçant un motel délabré, en passant par le célèbre « Stars and Stripes », les sujets de prédilection et les compositions de Stefanie Schneider semblent être un clin d’œil aux œuvres d’Hopper ou de Warhol.
La créativité de ses photos réside dans l’utilisation d’un Polaroïd et de ses « imperfections » : voile blanc, tâches de produits chimiques, moitié d’image non développée… Tous les problèmes techniques qui ont mené des millions d’utilisateurs de « Pola » au bord de la crise de nerf sont ici recherchés (la photographe utilise souvent des pellicules périmées) et sublimés. Ces
« défauts » deviennent même signifiants comme sur la photo Burning Fields dont la moitié gauche est littéralement brûlée.
Et, tout comme elle revisite le mythe américain, Stefanie Schneider détourne l’essence de la photo argentique Polaroïd. Le petit format carré, le célèbre bord blanc et la caractère éphémère disparaissent lorsqu'elle tire ses photos sur de grands panneaux de métal, comme pour figer dans le temps ses rêves de petite fille. 






Série Landscapes & Icons de Stefanie Schneider exposée à la Galerie Thierry Librati jusqu'au 30 novembre 2009.

 

Texte : Emeline Collin.

Photos : Stefanie Schneider.

Publié dans Expositions

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