Sarah Moon:"Life dances on..."

Publié le par Emeline

J'ai enfin trouvé un prétexte pour vous parler de l'une de mes photographes préférées grâce à l'exposition qui se tient actuellement à la Maison Européenne de la Photographie  : "Sarah Moon, le Théâtre Royal de Turin".
Si cette série de photos ne donne qu'un aperçu limité du travail de la photographe, elle laisse entrevoir la "patte Moon". Flous, grain visible, traces des produits chimiques sur les tirages papier, surexpositions... Toutes ces "imperfections techniques", chères à la photographe, sont présentes dans ce reportage proposé par Agarttha Arte pour la région du Piémont.
Mais ce que cette série de photos ne fait que suggérer, c'est la poésie et le romantisme caractéristiques du regard de Sarah Moon. Se rapprochant parfois du courant pictorialiste en vogue à la fin du XIXème siècle, la photographe parvient à transformer des instants de vie à première vue ordinaires en de véritables tableaux, porteurs d'un sentiment d'éternité. Les couleurs de ses photos sont semblables à des pigments qui auraient été longuement travaillés par un peintre. Ses cadrages en gros plans, qui "coupent" souvent une partie du corps des sujets, confèrent à ses clichés une dimension surnaturelle et intemporelle.
C'est pourtant par la photo de mode que cette ancienne mannequin, reconvertie en photographe dans les années 1970, a peu à peu trouvé son style. Indépendante, elle a toujours su s'affranchir des tendances; ses publicités pour Cacharel ou Guerlain se rangeant davantage du côté de l'oeuvre d'art que de l'image de pub "in", souvent trop artificielle et vite oubliée. Ce n'est qu'après 15 années passées à shooter pour des grandes maisons de prêt-à-porter que Sarah Moon a enfin osé photographier "pour elle", librement, "sans but, tout et rien"*, jusqu'à pouvoir
finalement écrire : "Toutes les danses sont permises, je veux regarder, je veux photographier."*

I’ve finally found an excuse to talk to you about one of my favourite photographers thanks to the exhibition that is currently on at the Maison Européenne de la Photographie in Paris:  "Sarah Moon, le Théâtre Royal de Turin".

Despite the limited overview of this photographer’s work given by these photos, it is still a glimpse of “Moon’s touch”. Fuzziness, grain, traces of the chemical products on the photo papers, overexposure… All these “technical imperfections”, dear to the photographer, are visible on this feature commissioned by Agarttha Arte for the Piemont region.

But what these pictures only suggest is the poetry and romanticism so typical of Sarah Moon’s gaze. Often close to the pictorialist movement popular by the end of the nineteenth century, the photographer manages to turn apparent everyday life moments into genuine paintings which carry a sense of eternity. The colours of her pictures look like pigments that would have been carefully created by a painter. Her close up framings, which often “cut” parts of the models’ bodies, give her photos a supernatural and timeless dimension.

It is, however, thanks to fashion photography that this former model, who became a photographer in the 1970’s, has gradually discovered her style. Working independently, she has always managed to free herself from trends; her ads for Cacharel or Guerlain look more like works of art than fashion images, which are often too artificial and quickly forgotten.

It’s only after fifteen years spent shooting for major haute couture or ready-to-wear houses that Sarah Moon eventually dared photographing “for herself”, “aimlessly, everything and nothing”*, until ultimately stating: “All the dances are allowed, I want to observe, I want to photograph.”* 

 

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* S      Sarah Moon, Photo Poche, ACTES SUD, avril 2009.

            Texte : Emeline Collin.

            Photos : Sarah Moon.

Texte

Publié dans Expositions

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