Willy Ronis : un artisan de l'image

Publié le par Emeline

Pas facile de trouver quelque chose qui n'ait pas déjà été dite 100 fois sur l'oeuvre de Willy Ronis : "père de la photographie humaniste", "fidèle représentant des deux plus grandes utopies du XXème siècle, à savoir l'humanisme et le communisme", "photographe libre et indépendant refusant tout compromis"... Pourtant, une chose, peut-être moins connue, m'a frappée au cours de l'exposition qui se déroule actuellement à la Monnaie de Paris :  les commentaires laissés par Willy Ronis. Son humilité et sa bienveillance, tellement caractéristiques de son regard, transparaissent dans ces derbiers : "tirage difficile à équilibrer", "cadrage intégral", "masquages très précis" (technique qui consiste à rendre plus intenses certaines zones et pas d'autres), "verticales ratées"... Ce photographe de renommée internationale ne cherche jamais à "conceptualiser" ses images ; au contraire, il rappelle aux visiteurs les heures passées en laboratoire à travailler sur le contraste d'un cliché ou le recadrage d'une image.

Le respect que ce militant communiste porte à la classe ouvrière et aux "petits métiers" qu'il a si souvent et si tendrement immortalisés n'est pas une posture : Willy Ronis se considère avant tout comme un artisan de l'image, entièrement dévoué à sa belle ouvrage. 

 

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Texte : Emeline Collin.

Photos : Willy Ronis. 

Publié dans Expositions

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